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LUFF
Lausanne Underground Film & Music Festival
19th edition
14 - 18.10.20

Difficile de se lancer dans la description de l’édition d’un festival qui est, au moment où ces lignes sont mises à plat, encore incertain de la forme qu’il va prendre et des saveurs qu’il va dégager. Les impératifs covidesques forcent à repenser les choses, mais aussi à considérer toutes annonces avec précautions. C’est pour cette raison que je vous demande à vous, honorables lectrices et lecteurs, et potentiels festivaliers, de considérer ce qui suit au conditionnel, bien que les éléments ici dévoilés soient parmi les plus certains et sécurisés de notre programmation.

L’année 2020 marquera donc le retour de deux figures majeures dela scène new-yorkaise des années «no wave». A savoir la diva du «spoken word», Lydia Lunch, et la réalisatrice transgressive Beth B, cette dernière ayant réalisé un formidable documentaire sur la première: Lydia Lunch: The War Is Never Over (2019). Une authentique plongée en apnée dans l’univers de cette grande dame au franc parlé. Celle-ci nous fera également l’honneur d’une prestation scénique, de nature encore indéfinie à l’heure qu’il est, tandis que Beth B nous abreuvera d’une fascinante série de courts métrages sélectionnés par ses soins et spécifiquement mis en scène par des femmes entre 1918 et nos jours.

Issu, lui aussi, d’une scène alternative de la fin des années 1970, à savoir la scène punk japonaise, Masashi Yamamoto claque la porte de la presti- gieuse Université de Meiji pour se consacrer pleinement à la réalisation de films Super 8. Anarchiste aussi bien dans le fond que dans la forme, son cinéma se fait rapidement remarquer, notamment au Festival de Berlin où son étonnante fable écolo-punk Robinson’s Garden décroche un prix en 1987. Le LUFF proposera un survole non exhaustif de son œuvre couronné par la projection exceptionnelle de son tout nouvel opus, le totalement foutraque et hautement réjouissant Wonderful Paradise (1964).

C’est dans ce qu’il appelle les films-rêves que l’écrivain Maxime Lachaud va nous guider. De l’univers éthéré de Maya Deren aux poèmes moites de Jean Genet, ce sont des bobines emplies de voluptés cinégéniques qu’il nous proposera avec humour et passion. Cette thématique fera écho avec une autre cocassement appelée «Adieu au langage» et qui regroupera une sélection de films narratifs dont les auteurs ont décidé de se passer de tout dialogue, ou presque, comme le très étrange et très culte Dementia (1955) du très inconnu John Parker ou le traumatisant et expérimental Begotten (1989) d’E. Elias Merhige.

L’aperçu de cette édition forcément particulière est bref, mais, espérons-le, suffisamment séduisant pour vous convaincre de nous rendre visite en octobre, dans le respect des distances sociales bien entendu.

Julien Bodivit, directeur artistique du LUFF

Programme complet à retrouver courant septembre

 

 

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