Le premier film de ce réalisateur indépendant partage, de par son sujet et son expression cinématographique, des liens avec le mouvement Beat. Adoptant une esthétique expressive en rupture avec les codes hollywoodiens, ce film aborde le quotidien d’une famille et de musiciens de jazz afro-américains. Après lui avoir attribué le premier prix du film indépendant, Jonas Mekas critique la seconde version projetée au Cinema 16 Film Club de New York avec Pull My Daisy. Il accuse Cassavetes d’avoir retourné des scènes pour des raisons commerciales au detriment des qualités spontanées. Amos Vogel prolonge le débat en défendant les processus improvisés du jeu d’acteurs inscrits dans une expérience du présent où fiction et réel s’entrecroisent. Bien que la relation de Cassavetes avec le cinéma de masse reste ambiguë, le film révèle la mise en danger de toute position de maîtrise.
2008
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