Wholly Communion
Peter Whitehead - 1963 - Grande-Bretagne - VO - 33' - 16mm ()
Avec Allen Ginsberg, Gregory Corso, Lawrence Ferlinghetti, Harry Fainlight, Alexander Trocchi,
La venue d’Allen Ginsberg à Londres, en juin 1965, incite le cinéaste documentaire à préparer un film sur les lectures performatives des poètes de la Beat Generation au Royal Albert Hall. Les interventions d’auteurs, tels que Ginsberg, Gregory Corso, Lawrence Ferlinghetti, font l’objet d’une interprétation lors du montage construit à partir d’une sélection des séquences. Placé en retrait, le réalisateur s’adapte à chaque auteur, évitant toute instance narrative dominante.
Towers Open Fire
William Burroughs, Anthony Balch - 1963 - Grande-Bretagne - VO - 10' - 16mm ()
Avec Antony Balch, William Burroughs, Alexander Trocchi,
Issu d’un texte écrit par Burroughs à Gibraltar, ce film évoque la possibilité de constituer un territoire utopique. A la tête d’un commando, Burroughs parodie une résistance improvisée à l’intérieur d’un appartement. Isolée, la guérilla simule la situation chaotique intervenant lors de la chute du marché. Le rejet d’un asservissement aux structures patriarcales traditionnelles est particulièrement manifeste lors de la destruction des photographies familiales. Entre le contrôle et la rébellion, le monologue compulsif de l’écrivain entre en contrepoint avec les agencements et ruptures visuelles. Les projections répétitives de la Dream Machine et les grilles calligraphiques de Gysin y apparaissent.
The Cut-Ups
William Burroughs, Anthony Balch - 1966 - Grande-Bretagne - VO - 18' - 16mm ()
Avec William Burroughs, Brion Gysin,

A l’origine de cette notion, Brion Gysin décrit ainsi le cut-up : « En découpant un carton de montage pour un dessin dans la chambre 25, j’ai fendu tout une pile de journaux avec ma lame et j’ai pensé à ce que j’avais dit à Burroughs quelques six mois auparavant de la nécessité d’appliquer les techniques du peintre directement à l’écriture. J’ai ramassé les mots bruts et j’ai commencé à mettre ensemble des textes (…). »[1] A la limite du motif abstrait, ses écritures peintes laissent entrevoir les enjeux d’une guérilla qui refuse d’envisager le langage comme une forme de communication transparente. Les voix de Burroughs et Gysin alternent les formules les plus automatiques d’une conversation : « bonjour », « oui », « bien », « merci » jusqu’à effacer leur signification. L’injonction à regarder l’image et l’inquiétude quant à sa persistance relèvent d’un test réalisé par les scientologues. Le film a été projeté durant deux semaines au Cinephone de Londres en 1967.
[1] Brion Gysin, Œuvre croisée. Préface et traduction de Gérard-Georges Lemaire et Anne Christine Taylor, Paris : Ed. Flammarion, coll. « Connections », 1976, p.55.
The Last Clean Shirt
Alfred Leslie - 1964 - USA - VO - 39' - 16mm ()
Avec
Peintre proche d’artistes du mouvement expressionniste abstrait, tel que William de Kooning, Alfred Leslie réalise ce film après avoir collaboré avec Robert Frank sur Pull My Daisy. Le film a été projeté au New York Films Festival de 1964. La prose continue du poète Frank O’Hara accompagne une séquence répétée trois fois à partir de différents points de vue.