Que ce soit au travers de ses installations, de ses dessins, de ses photos ou de ses films, Cameron Jamie témoigne de sa fascination pour les rituels contemporains issus de la culture populaire. Il en retire toute l’inspiration nécessaire à l’élaboration d’un travail d’étude sociale au sein duquel s’entrechoquent la violence du quotidien et la banalité des milieux de la classe moyenne. Ayant grandi près de Los Angeles dans une ville de banlieue similaire à des centaines d’autres – "un véritable Enfer" selon ses propres termes[1] – et vivant à Paris depuis quelques années, l’artiste profite de sa situation pour prendre le recul nécessaire et saisir les spécificités culturelles de chaque côté de l’Atlantique, lui permettant ainsi d’en élaborer des connexions inattendues. Que ce soit la célébration d’Halloween, dont les racines remontent aux rites celtiques, ou celle de Jeanne d’Arc qui revêt des atours de cortège nationaliste à Paris mais transpire le consumérisme pour l’artiste qui entendit son nom prononcé la première fois grâce à un fast-food et ses frites à la « façon Jeanne d’Arc », Jamie extrait de son étude des spécificités propres à chacun mais porte surtout l’attention sur le fait que l’individu y trouve un moyen d’occulter, l’espace d’un instant, un environnement habituel pour revêtir une identité fantasmée. Portés par des bandes sonores à forte puissance (visuelle et auditive) composées par les Melvins ou Keiji Haino, les films de Cameron Jamie sont des peintures mouvantes éstomaquantes de par leur effrayante beauté et leur radicalité.
[1] Alex Farquharson, The Darkness, Frieze, Mai 2004















