Dans un futur proche, le zombie n’est plus qu’un individu (presque) comme un autre, une présence commune au sein de la population et non une menace anthropophage comme on aurait pu l’imaginer. Otto, zombie fraîchement sorti de sa tombe, entame sa nouvelle existence comme tout bon zombie qui se respecte, et commence par errer sans but précis, simplement mû par les instincts primaires d’une vie précédente déjà oblitérée de son esprit. Ses pas le guident jusqu’à Berlin où il est découvert par Medea Yarn, une réalisatrice underground homosexuelle qui décide de le prendre comme sujet de documentaire. Parallèlement, elle termine le tournage d’un film de zombie porno-politique sur lequel elle l’invite. Alors qu’Otto découvre la scène berlinoise gay, des souvenirs de sa vie précédente lui reviennent peu à peu ...
Vivre une rupture amoureuse, c’est comme mourir un peu. L’existence perd son sens, les buts s’estompent, les désirs s’évanouissent et seuls persistent les souvenirs. C’est ce qui émane de cette fable allégorique sur la solitude signée Bruce LaBruce, chef de fil du mouvement queercore. Une thématique universelle traitée sous la forme d’un film d’horreur dont le réalisateur détourne les codes. Le zombie n’est plus la menace, il est la victime. Un être seul, ignoré et finalement blessé. C’est l’occasion aussi pour l’auteur de faire d’Otto une métaphore sur le sida, allant même jusqu’à utiliser comme décor un cimetière berlinois réservé aux personnes qui en meurent. Mélancolique, sanglant, sexuel, engagé, Otto ; Or, Up With Dead People est un film d’horreur social qui ne ressemble définitivement à aucun autre.

















