Basé sur la véritable histoire du Vampire de Nuremberg – un fait divers sordide à propos d’un maniaque nécrophile – le film de Marijan Vajda dépeint la plongée d’un simple d’esprit souffrant de mutisme dans les méandres de la folie. Abusé par un père alcoolique dans sa jeunesse, persécuté par ses collègues de travail et sexuellement frustré, le jeune homme voit grandir en lui une attirance macabre pour les cadavres de jeunes femmes au point qu’il s’introduit dans les funérariums à la nuit tombée afin de passer du temps avec les corps qu’il mutile et dont il suce le sang.
Perturbante, cette petite perle d’euro-trash méconnue l’est assurément. Vajda ne recule effectivement devant aucun tabou (son film aborde la nécrophilie, mais aussi la profanation, l’inceste et la pédophilie) pour générer le malaise et n’hésite pas à tourner des scènes étonnamment sanglantes qui sont d’autant plus dérangeantes que le personnage campé par Werner Pochath transpire la vulnérabilité et témoigne d’un romantisme certes déplacé, mais débordant de mélancolie. Il parvient ainsi à créer une véritable empathie envers ce personnage persécuté du fait de son handicap, victime d’un monde qui refuse de l’intégrer.









