Lors d’un casse foireux dans une usine de produits chimiques, cinq toxicos provoquent une explosion aux conséquences néfastes pour l’environnement. Les fuyards trouvent refuge dans une vieille ferme voisine et tentent de faire du feu avec une poutre dans laquelle serait enfermée l’araignée noire qui, délivrée, apporterait la peste et la désolation. Après qu’une des filles ait fait une overdose, le film fait un bond dans le passé. On y apprend alors l’origine de la malédiction, lorsque le diable se proposa de libérer un village de la tyrannie d’un chevalier en échange du premier enfant non baptisé.
Cette fable, inspirée d’un livre du romancier suisse Jeremias Gotthelf paru en 1842, est une réflexion sur les catastrophes écologiques du XXe siècle. Rissi tourne son film non loin d’une centrale nucléaire, dans un lotissement appartenant au groupe bâlois Roche qui tenta de s’opposer au tournage. Il est intéressant de souligner que la direction du groupe fit parvenir une lettre aux habitants du voisinage, dans lequel elle décline toute responsabilité en cas d’incident[1]. Financé sans le soutien de Berne et descendu par la critique, L’araignée noire a néanmoins culminé en haut du box-office des productions nationales en 1983. Ce qui ne l’empêcha pas d’être devenu une curiosité méconnue et quasiment introuvable.
[1] Hervé Dumont, Maria Tortajada, Histoire du cinéma suisse 1966-2000, éditions Gilles Attinger, Hauterive, 2007









